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How does one commemorate a lost love? Can music and memory sustain that love over time? In this programme we will explore two uncommon and powerful stories of love, loss, and remembrance from the Renaissance age.
On May 1st 1539, Empress Isabella of Portugal, the beloved wife of Charles V, died in childbirth. Charles’ profound grief still resonates today through the numerous works of art he commissioned in her memory.
Charles first turned to the Italian painter Titian, requesting a series of posthumous portraits, including the famous La gloria, which depicts the imperial couple worshipping the Trinity and longing to be reunited after death.
The court composer Thomas Crécquillon was then commissioned to create an appropriate musical legacy. Mort m’a privé (‘Death has deprived me’) is an unusually personal text, possibly written by the emperor himself, that received two musical settings, one for Charles and one for Isabella. Crécquillon wrote a requiem Mass based on these two songs, weaving them into the sublime musical perfection that Charles desired so strongly.
The emperor visited his wife’s grave every year and had Crécquillon’s requiem Mass sung every May 1st, until his own death nearly twenty years after.
If the story of Charles and Isabella is unique, another rare musical hommage to a lost love (and another cycle of heartrending beauty) is the famous Sestina, or ‘Tears of a lover at the tomb of his beloved’, by Claudio Monteverdi. The work was commissioned by Duke Vincenzo Gonzaga after the tragic death of the singer Caterina Martinelli in 1608. Caterina, also known as la Romanina, was a former pupil of Monteverdi: that same year, she had created the role of Venere in Marco da Gagliano’s Dafne, and was about to premiere Monteverdi’s own Arianna. Sadly, however, she caught smallpox and died at the age of eighteen. By order of Duke Vincenzo, a marble tomb was built for Caterina in the Mantuan church of the Carmine, and a Mass was sung in her memory every year on the anniversary of her death.
According to Greek mythology, Dafne was changed into a laurel tree to escape Apollo, while Arianna was drugged and abandoned on an island by Theseus: it seems almost as if the young primadonna lived her life through the tragic trajectories of the heroins she sang for.
When Monteverdi published his Sixth book of madrigals, a few years later, he included both the Sestina and the painful climax of his opera Arianna, the famous Lamento – as if in a tribute to the lost, dear voice of the Romanina.
FR
Comment commémorer un amour perdu ? La musique et la mémoire peuvent-elles faire perdurer cet amour au fil du temps ? Dans ce programme, nous explorons deux histoires d’amour, de perte et de souvenir inhabituelles et poignantes datant de la Renaissance.
Le 1er mai 1539, l’impératrice Isabelle de Portugal, l’épouse bien-aimée de Charles Quint, mourut en couches. Le profond chagrin de Charles résonne encore aujourd’hui à travers les nombreuses œuvres d’art qu’il commanda en sa mémoire. Charles s’est d’abord tourné vers le peintre italien Titien, lui demandant une série de portraits posthumes, dont le célèbre La gloria, qui représente le couple impérial adorant la Trinité et aspirant à se retrouver après la mort.
Le compositeur de la cour, Thomas Crécquillon, fut ensuite chargé de créer un héritage musical approprié. Mort m’a privé est un texte inhabituellement personnel, peut-être écrit par l’empereur lui-même, qui a fait l’objet de deux adaptations musicales, l’une pour Charles et l’autre pour Isabelle. Crécquillon a composé une messe de requiem à partir de ces deux chants, les tissant dans la sublime perfection musicale que Charles désirait si ardemment. L’empereur se rendait chaque année sur la tombe de sa femme et faisait chanter la messe de requiem de Crécquillon chaque 1er mai, jusqu’à sa propre mort, près de vingt ans plus tard.
Si l’histoire de Charles et Isabella est unique, un autre hommage musical rare à un amour perdu (et un autre cycle d’une beauté déchirante) est la célèbre Sestina, ou « Larmes d’un amant sur la tombe de sa bien-aimée », de Claudio Monteverdi. Cette œuvre a été commandée par le duc Vincenzo Gonzaga après la mort tragique de la chanteuse Caterina Martinelli en 1608. Caterina, également connue sous le nom de la Romanina, était une élève de Monteverdi : cette même année, elle avait créé le rôle de Vénus dans la Dafne de Marco da Gagliano et s’apprêtait à interpréter pour la première fois l’Arianna de Monteverdi. Malheureusement, elle contracta la variole et mourut à l’âge de dix-huit ans. Sur ordre du duc Vincenzo, un tombeau en marbre fut construit pour Caterina dans l’église des Carmes à Mantoue, et une messe fut chantée en sa mémoire chaque année à la date anniversaire de sa mort.
Selon la mythologie grecque, Dafne fut transformée en laurier pour échapper à Apollon, tandis qu’Arianna fut droguée et abandonnée sur une île par Thésée : il semblerait presque que la jeune Prima Donna a vécu sa vie à travers les trajectoires tragiques des héroïnes d’Opéra qu’elle a chantés.
Lorsque Monteverdi publia son sixième livre de madrigaux quelques années plus tard, il y inclut à la fois la Sestina et le douloureux point culminant de son opéra Arianna, le célèbre Lamento, comme pour rendre hommage à la voix perdue de la chère Romanina.
Program
Josquin des prés (ca.1450-1521) – La Spagna
Nicolas Gombert (1495-1560) – Dezilde al cavallero
Nicolas Payen (1512-1559) – Carole cur defles
Thomas Crécquillon (1505-1557) – Mort m’a privé à 5
Thomas Crécquillon – Œil esgaré
Thomas Crécquillon – Missa Mort m’a privé Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus
Francisco Fernandez Palero (ca.1550) – Mor me a privé
Thomas Crécquillon – Missa Mort m’a privé Benedictus, Agnus Dei
Juan del Encina (1468-1529) – Todos los Bienes
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Cipriano de Rore (1516-1565) – Vergine bella
Claudio Monteverdi (1567-1643) – Incenerite Spoglie*
Claudio Monteverdi – Darà la notte il sol lume alla terra*
Gioseffo Guami (1542-1611) – In Die Tribulationis
Claudio Monteverdi – Dunque, amate reliqui, un mar di pianto*
Costanzo Antegnati (1549-1624) – La Moranda
Marco da Gagliano (1582-1643) – Chi da lacci d’amore
Costanzo Festa (1485-1545) – Contrapunto 108
Claudio Monteverdi – Lasciatemi morire ***
Claudio Monteverdi – O Teseo, O Teseo mio ***
Claudio Monteverdi – Sinfonia à 5
Marco Da Gagliano – Vita nostra al fin polvere & ombra
Emilio De’ Cavalieri (1550-1602) – Questa vita mortale
*Extract of La Sestina SV 111, Madrigali Book VI (1614)
**Extract of La Dafne (1608)
***Extract of Il Lamento d’Arianna SV 107, Madrigali Book VI (1614)
Artistic Team
Anne Kathryn Olsen, Soprano
Maria Dalia Albertini, Mezzo-Soprano
Andres Montilla, Alto
Luca Cervoni, Tenor
Riccardo Pisani, Tenor
Jimmy Holliday, Bass
Lambert Colson : Cornett
Guy Hanssen, Charlotte Van Passen, Susanna Defendi, Bart Vroomen : Trombones
Jonas Nordberg, Lutes and Vihuela
Joseph Rassam, Organ and Harpsichord
shows
No upcoming events
