Inalto

Ich will schweigen

Johann Hermann Schein et l’héritage des Stadpfeiffer de Leipzig.

Lorsque que Johann Hermann Schein prend la suite de Sethus Calvisius au poste de Kantor de la paroisse de Saint-Thomas à Leipzig en 1616, il se doit de répondre à un cahier des charges complexe. D’une part satisfaire les besoins liturgiques de sa paroisse luthérienne depuis relativement peu de temps, et d’autre part composer de la musique véritablement contemporaine, sensible au nouveau style venu d’Italie.

Il s’inspire pour cela des Concerti Ecclesiastici du lombard Lodovico Viadana et compile une collection de motet au titre évocateur Opella Nova, imprimée en 2 éditions successives en 1618 et 1626. Chaque motet possède une instrumentation spécifique, Schein ayant sans doute souhaité fixer avec soin l’atmosphère de chacun des textes mis en musique.
Les nouvelles possibilités apportées par la basse continue, la maitrise des figures de style identifiées par les développements récents de la rhétorique musicale permettent à Schein de signer une œuvre extrêmement ambitieuse, d’une grande force expressive.

Cette instrumentation fait appel bien souvent à des instruments tels que le cornet, le trombone et la dulciane, Schein puisant ses musiciens dans l’effectif des Stadtpfeiffer et des Ratsmusiker, corporations d’instrumentistes attachés à la ville de Leipzig depuis le 15ème siècle.

En regard d’un portrait musical de Schein, l’un des plus grands compositeurs allemand du 17ème siècle et l’un des plus talentueux prédécesseurs de J.S.Bach à Leipzig, InAlto présente un parcours aux sources de la cantate allemande et un témoignage de cette extraordinaire tradition des musiciens de villes perpétuée à travers les siècles. Outre la musique de Schein, cet héritage est ici mis en musique par Johann Christoph Pezel, Gottfried Reiche, Johann Kuhnau et J.S Bach.

11 musiciens : 2 chanteurs, 2 cornets, 3 trombones, 1 dulciane, 1 percussion, orgue et clavecin.

Chanteurs invités
Alice Foccroulle : soprano
Reinoud van Mechelen : ténor

L’équipe du disque (Parution Ramée, 23 janvier 2015) :

Alice Foccroulle : soprano
Béatrice Mayo-Félip : soprano
Reinoud van Mechelen : ténor

Lambert Colson, Adrien Mabire : Cornets à bouquin, cornets muets
Guy Hanssen, Fabien Moulaert, Bart Vroomen : Sacqueboutes
Anaïs Ramage : Dulcianes
Pieter Theuns : Archiluth, théorbe et guitare
Marc Meisel : Orgue et clavecin
Maxime Fiorani : Tambours